Exposition du 10 au 22 mars 2026

Dimanche : 14H – 17H lunDi – samedi : 11h – 19h

Galerie Magali Nourissat

27 rue de Bièvre 75005 Paris

« Le fil du vivant » réunit trois artistes aux pratiques singulières : Céleste Bollack et ses gravures d’oiseaux, Dominique Legros avec ses céramiques aux allures de pierres, et Pia Kalfon qui explore la force du fil dans ses tapisseries. Ensemble, ils interrogent la fluidité du geste et la manière dont la matière prend forme. Dominique façonne la terre, Céleste incise la plaque, Pia tisse le fil. Dans les trois cas, le geste est répétitif, précis, et inscrit dans la matière.

Au cœur de cette réflexion, le travail du céramiste Dominique Legros occupe une place essentielle. Son approche est intuitive, presque organique : il laisse la matière parler, se déployer, résister. Ses pièces semblent issues d’un processus vivant, où chaque courbe, chaque tension raconte une histoire de croissance et de transformation. La terre n’est jamais figée : elle porte les traces du geste, les accidents du feu, les variations de texture qui évoquent la peau, l’écorce, le minéral. Dans ses œuvres, le vivant n’est pas représenté : il est incarné. Le travail de Dominique Legros se distingue par une attention profonde au rythme et à l’équilibre. Ses formes oscillent entre stabilité et mouvement. Toutes partagent cette qualité rare : une présence silencieuse, presque méditative, qui invite à ralentir et à regarder autrement : « Par les jeux de la terre, du feu, de l’eau et de l’air, je réalise des objets céramiques qui conjuguent le végétal, l’animal et le minéral. Ces formes insolites invitent l’observateur à poser un regard neuf, silencieux, non conceptuel, débarrassé du souvenir et des références au passé. » Dominique Legros

Dans ce dialogue autour du vivant, les gravures en noir et blanc de Céleste Bollack ouvrent une autre voie, plus graphique, plus incisive. Sa série consacrée à l’oiseau agit comme un contrepoint aux formes céramiques de Dominique Legros : là où la terre se déploie, la gravure prend forme dans la ligne, la lumière et l’ombre. Chez Céleste Bollack, l’oiseau n’est jamais un simple motif. Il devient un symbole du passage, de l’élan, de la fragilité suspendue entre ciel et terre. Ses gravures captent l’instant où le vivant hésite : un battement d’aile, une posture attentive, une silhouette prête à s’effacer. Le noir et blanc renforce cette tension : le contraste révèle la densité du trait, la précision du geste, mais aussi les zones de silence laissées dans le papier. La technique de Céleste, rigoureuse et intuitive à la fois, met en valeur la matérialité de la gravure.

Les deux tapisseries en noir et blanc de Pia Kalfon viennent compléter ce triptyque de regards sur le vivant en introduisant la dimension du textile, du fil, du temps long du tissage. Tapissière d’art, Pia Kalfon travaille la matière comme une partition silencieuse : chaque fil posé devient un geste qui inscrit le vivant dans la trame même du tissu. L’artiste joue sur les couleurs et les textures et invitent ainsi à ressentir la présence du geste humain, patient et précis, qui dialogue avec la matière pour faire surgir une forme de vie silencieuse.

En réunissant toutes ses œuvres, Le fil du vivant tisse un parcours où les matières, les gestes se répondent. La terre et le papier, le volume et la ligne, le minéral et l’aérien composent un ensemble qui interroge notre rapport au monde vivant : sa beauté, sa vulnérabilité, sa capacité à se réinventer.


Dominique Legros – Terre polie
45 x 33 x 29 cm

Pia Kalfon – Blanc sur blanc – Tapisserie
90 x 55 cm

1 février 2026